Au bac de français, savoir identifier et commenter les figures de style est indispensable — que ce soit pour l’oral (analyse linéaire) ou pour l’écrit (commentaire composé). Mais inutile de toutes les connaître par cœur : certaines tombent bien plus souvent que d’autres. Voici le classement des 12 figures de style incontournables, avec pour chacune une définition express, un exemple et ce que les correcteurs attendent de vous.
1. La métaphore
Définition : comparaison implicite sans outil de comparaison (pas de « comme »). La métaphore identifie directement une chose à une autre.
Exemple : « Le temps est un voleur. »
Ce que le correcteur attend : ne pas simplement nommer la métaphore, mais expliquer ce que l’image apporte — pourquoi l’auteur compare-t-il le temps à un voleur ? Que vole-t-il ?
2. La comparaison
Définition : rapprochement de deux éléments avec un outil de comparaison explicite (comme, tel, semblable à, plus que…).
Exemple : « Il est fort comme un lion. »
Ce que le correcteur attend : savoir distinguer la comparaison de la métaphore (présence de l’outil). Expliquer pourquoi l’auteur choisit cette comparaison plutôt qu’une métaphore.
Fiche complète : la comparaison
3. La personnification
Définition : attribution de caractéristiques humaines à un objet, un animal ou une idée abstraite.
Exemple : « Le vent hurlait dans la nuit. »
Ce que le correcteur attend : l’élève doit montrer en quoi cette humanisation sert le sens du texte — crée-t-elle de l’angoisse ? de la familiarité ?
Fiche complète : la personnification
4. L’hyperbole
Définition : exagération volontaire destinée à frapper les esprits.
Exemple : « Je meurs de faim. »
Ce que le correcteur attend : ne pas confondre hyperbole et métaphore. L’hyperbole exagère une réalité, la métaphore crée une image nouvelle.
5. L’antithèse
Définition : opposition de deux mots ou idées dans une même phrase pour créer un contraste.
Exemple : « Le jour succède à la nuit. »
Ce que le correcteur attend : l’élève doit distinguer l’antithèse de l’oxymore. Deux idées opposées mais séparées = antithèse ; deux mots contradictoires collés = oxymore.
6. L’oxymore
Définition : association de deux mots de sens contraires dans un même groupe.
Exemple : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. » (Corneille)
Ce que le correcteur attend : c’est la figure préférée des examinateurs pour vérifier que l’élève ne la confond pas avec l’antithèse. L’oxymore frappe par sa contradiction interne.
7. La litote
Définition : expression qui dit moins pour suggérer plus, souvent par une négation.
Exemple : « Va, je ne te hais point. » (Corneille, Le Cid — signifie « je t’aime »)
Ce que le correcteur attend : l’élève doit montrer que la litote renforce le sens, contrairement à l’euphémisme qui l’adoucit.
8. L’anaphore
Définition : répétition d’un même mot en début de phrase, de vers ou de paragraphe.
Exemple : « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! » (De Gaulle)
Ce que le correcteur attend : l’élève doit expliquer l’effet de l’anaphore (insistance, émotion, rythme), pas seulement la repérer.
9. La gradation
Définition : énumération de termes selon une progression d’intensité (croissante ou décroissante).
Exemple : « Va, cours, vole, et nous venge ! » (Corneille)
Ce que le correcteur attend : l’élève doit distinguer la gradation de l’accumulation : la gradation suit un ordre de progression.
10. L’euphémisme
Définition : expression qui adoucit une réalité brutale ou déplaisante.
Exemple : « Il nous a quittés. » (pour « il est mort »)
Ce que le correcteur attend : l’élève doit distinguer l’euphémisme (adoucir) de la litote (renforcer en atténuant).
11. L’allégorie
Définition : représentation d’une idée abstraite par une image concrète (personnage ou symbole).
Exemple : La colombe et le rameau d’olivier allégorie de la paix.
Ce que le correcteur attend : l’élève doit savoir décoder l’allégorie et identifier l’idée abstraite derrière l’image.
12. La métaphore filée
Définition : métaphore qui se prolonge sur plusieurs phrases avec un vocabulaire cohérent issu du même champ lexical.
Exemple : « L’Albatros » de Baudelaire — tout le poème file la métaphore du poète-oiseau.
Ce que le correcteur attend : l’élève doit montrer que le filage de la métaphore crée une unité de sens. C’est une figure valorisée à l’oral du bac.
Fiche complète : la métaphore filée
FAQ — Les questions que se posent les élèves
Combien de figures de style faut-il connaître pour le bac ?
Les 12 figures ci-dessus couvrent 90 % des sujets. Le correcteur valorise davantage la qualité de l’analyse que la quantité de figures citées.
Quelle est la différence entre oxymore et antithèse ?
L’oxymore colle deux mots contradictoires (« obscure clarté »). L’antithèse oppose deux idées séparées dans la phrase (« le jour succède à la nuit »).
Faut-il citer le nom de la figure dans l’analyse ?
Oui, nommez la figure, citez le passage, puis expliquez l’effet. Le correcteur attend les trois étapes : nommer → citer → analyser.
Quelle est la figure de style la plus fréquente au bac ?
La métaphore arrive en tête, suivie de la comparaison et de l’hyperbole. Maîtrisez ces trois-là en priorité.